PLAN LOCAL D’URBANISME (PLU) DE FAUCON

 

La commune de FAUCON se compose de plusieurs hameaux assez distants les uns des autres

Le village de FAUCON lui-même

Le CHASTELLARET  et BOUZOULIERES au-dessus du village

La GRANGEASSE

Le lotissement du BERARD

Le BOURGET

PLAN LA CROIX

 

La commune a 253 habitants pour 185 logements. La moitié seulement des logements est habitée par des résidents permanents.

 

Il y a donc dans la commune de Faucon peu de population et le village lui même ne comprend finalement que quelques maisons habitées.

 

Pourtant,  ce village possède aux yeux des habitants de la vallée de l’Ubaye un attrait tout particulier.

 

C’est certainement, parce que ce village est resté  « en l’état »   depuis des siècles.

 

Seul un lotissement récent et quelques maisons éparses sont venues agrandir le village côté Est.

 

La municipalité de FAUCON a souhaité,  avec la mise en place d’un Plan Local

 D’Urbanisme, retrouver la maîtrise de son développement, ce qui est une démarche très positive.

 

L’élaboration du projet de PLU s’est accompagnée d’une réflexion  sur la  réhabilitation du centre de village.

 

Cette étude est très intéressante en ce qu’elle permet d’avoir  une réflexion d’ensemble sur l’évolution  du village et de la commune.

 

Malheureusement les conclusions de cette réflexion conduisent à l’élaboration d’un P.L.U. et d’un projet de requalification du village qui vont porter atteinte de façon définitive à tout ce qui fait l’attrait de cette commune rurale.

 

Mais alors pourquoi ces projets ?

 

On ne peut pas douter de l’attachement des élus à la commune mais ils commettent une erreur fondamentale en partant de l’hypothèse de base qu’il faut développer le village.

 

Pour eux, doubler la population dans les 10 ans est un « scénario optimiste »

 

Alors que FAUCON est et doit rester une commune à vocation agricole.

 

Cette commune fait partie de la vallée de l’Ubaye dont elle constitue le cœur.

On ne peut pas réfléchir à l’aménagement de FAUCON sans oublier cet emplacement stratégique entre BARCELONNETTE et JAUSIERS.

 

Tous celles et ceux qui traversent la vallée peuvent admirer FAUCON depuis la route départementale conduisant à l’Italie.

 

Faucon n’a pas besoin de se développer pour vivre.

 

Par contre, la vallée de l’Ubaye a un besoin impératif que des villages comme FAUCON soient préservés. C’est sa richesse, son patrimoine. Il en va de sa survie économique.

 

Bien sûr, beaucoup aimeraient  vivre ou avoir un pied à terre dans un village de cette qualité mais il faut le conserver pour le bonheur et le plaisir de tous et non le sacrifier pour quelques habitations.

 

La simple lecture des dossiers de présentation du PLU donne tous les arguments nécessaires contre ce projet.

 

Il est précisé que le développement du village:

-        permettra l’ouverture de commerces de proximité

-        qu’une école primaire pourra être créée

-        que l’activité va permettre de créer un vrai centre de vie

 

Or, on sait parfaitement qu’un commerce ne peut pas être viable en dessous de 1000 à 1200 personnes, d’autant plus que FAUCON n’est qu’à 2 kms de BARCELONNETTE.

 

Une école ne pourra pas être créée et c’est plutôt mieux pour les finances de la commune.

On peut noter qu’un poste d’instituteur vient d’être supprimé à BARCELONNETTE…

 

Créer un centre de vie, mais avec quels moyens ? : cela ne se décrète pas. Il faudrait terrain de sports, salle pour les associations, crèche, garderie, foyer de jeunes…..

 

Laissons cela à BARCELONNETTE, JAUSIERS, ST PONS… et gardons la spécificité de FAUCON en ne le développant que de façon très modérée.

 

Cette volonté d’augmenter coûte que coûte la population a conduit la municipalité à rechercher les terrains constructibles tous azimuts.

 

Le projet de PLU prévoit d’ouvrir à la construction plus de 15 hectares pour créer 116 logements.

 

 Quel gaspillage !!!

 

 Il faut partir du raisonnement inverse et rechercher quels sont les terrains qui peuvent être ouverts à la construction sans dénaturer les sites ni affaiblir dangereusement l’agriculture.

 

 

Bien entendu, on arrivera alors à  un développement beaucoup plus limité pour le plus grand intérêt de la vallée de l’Ubaye et des Fauconnais eux-mêmes.

 

 

 

L’AGRICULTURE

 

Elle doit être la priorité absolue à FAUCON qui a la chance d’avoir des agriculteurs jeunes et dynamiques.

 

D’ailleurs le projet de PLU a lui-même comme objectif de « maintenir une agriculture active «car elle constitue un facteur de richesse économique et facilite le  maintien de l’ouverture de paysage »

 

Il faut impérativement conserver en zone agricole l’intégralité des terrains situés au sud du village :

 

-La parcelle 202 dans son intégralité.

-Les parcelles 501 502 503 440

 

En plus de leur intérêt pour l’agriculture, ce sont ces terrains dégagés qui permettent de profiter des paysages remarquables que constituent le village et son clocher.

Il n’y a aucun intérêt a rattacher au village les 3 maisons («  échappées ») construites en bordure du CD 900.

Il n’y a aucun intérêt à masquer la mairie et le village par des constructions sur le haut de la parcelle 202.

 

Il faut impérativement conserver l’actuelle coupure verte constituée par les terrains agricoles situés entre le village de FAUCON et le hameau de la GRANGEASSE.

 

Le projet d’extension du village de FAUCON à l’EST et de la GRANGEASSE par l’OUEST va créer un mitage très préjudiciable à l’agriculture et au paysage.

 

L’agriculteur a besoin d’espace et de tranquillité. En dessous d’une surface critique et cohérente les domaines agricoles ne sont plus rentables et disparaissent.

 

Le passant doit avoir la perception d’une zone de culture : quoi de plus beau qu’un champ labouré, qu’un pré avec des moutons, qu’une luzerne bien arrosée et verdoyante si ce n’est un champ de blé ou d’orge ?

 

Il n’y a pas lieu d’ouvrir à la construction une partie de la parcelle 558  (« LA TOUR » au nord du village) :

 Cette parcelle constitue un champ remarquable qui fait un tout et doit conserver sa vocation agricole dans son intégralité.

 

Trop de terrains sont ouverts à la construction autour de la Grangeasse :

Cela va créer un mitage inesthétique et un gaspillage de terrains.

A sacrifier ce terrain, ne faudrait-il pas alors envisager la création d’un véritable hameau plutôt que de laisser construire quelques maisons éparses ?

 

Le projet de PLU ne remplit pas du tout son rôle de protection de l’agriculture.

 

 

 

 

 

LA PROTECTION DES PAYSAGES

 

En protégeant et en conservant l’agriculture on préserve déjà les paysages.

 

Mais FAUCON mérite encore plus que cela.

 

-Il faut impérativement préserver le site remarquable du couvent de St Jean De Matha :

 

Le projet de PLU prévoit une route qui coupe le pré devant le couvent pour rejoindre la voie communale n°1 (chemin de Faucon à la Grangeasse) et la voie communale n°3 (chemin de Faucon au Bourget.

Cette route est inutile dangereuse, inesthétique, coûteuse…

Il faut au contraire préserver ce magnifique ensemble que constitue le couvent, fondé par Saint Jean De Matha né à FAUCON en 1154 et qui, protégé depuis la fondation de l’ordre des trinitaires est un élément essentiel du patrimoine de la vallée.

           

            -Il faut préserver l’intégrité du centre du village de Faucon : La place de l’horloge avec la statue de Saint Jean de Matha le regard tourné en direction de sa maison natale est tout à fait remarquable et n’a nul besoin de restructuration.

Le quartier de l’église avec la vielle maison qui ferme  la place a l’Est et la ruelle typique qui conduit au couvent  forme un ensemble harmonieux et doit être protégé.

 

-Il n’y a pas lieu de conserver un emplacement réservé dans les parcelles

 440 et 28 :

Cette route  devient totalement inutile si l’on ne permet pas la construction au sud du village et elle serait de toute façon difficilement praticable compte tenu du dénivelé et dangereuse puisque aboutissant dans un virage au milieu du village.

 

-Il est par contre judicieux de permettre les constructions dans les parcelles 28 et 408 qui  sont dans le village, de même que les parcelles 414 et 415 avec toutefois le souci « d’économiser » au maximum le terrain.

 

-La parcelle 548 ( grand pré à l’entrée OUEST du village en haut de la montée de FAUCON demande quant à elle une réflexion toute particulière.

 Elle constitue un exceptionnel point de vue sur des maisons remarquables dont la maison de naissance de St Jean De Matha.

 

Peut-être une partie de cette parcelle  pourrait-elle être constructible ? ( La partie droite la plus proche du village).

 

En aucun cas il ne paraît judicieux de créer un habitat condensé sur cette parcelle comme il est prévu au projet du PLU (emplacement réservé pour des logements HLM).

 

Des habitations de type HLM ne peuvent être raisonnablement concevables que dans un environnement adapté : proximité d’école, de crèches, de garderies, existence de salle d’activité, de terrain de sport…rien de tout cela dans FAUCON.

 

Le projet de PLU ne comprend d’ailleurs pas d’étude réelle de besoin de logements de type HLM dans la vallée, rien n’est dit sur les projets des autres communes de la vallée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA ZONE D’ACTIVITE

 

Le PLU prévoit la création d’une zone d’activité dans le bas du champ de la propriété Plaisent à ville vieille (quartier des parapentes ) en faisant une continuité avec la zone commerciale envisagée par la Commune de Barcelonnette dans le pré Chauvet et sur la station Total.

 

Si tant est que le projet de Barcelonnette se réalise, il n’y a aucun intérêt de le poursuivre sur la commune de Faucon :

 

-Sur le plan géographique un torrent sépare les 2 communes qui constituent une véritable coupure et  ne justifient en aucun cas un rattachement des 2 zones.

 

-Sur le plan esthétique et de protection des paysages, il faut conserver au quartier de Villevielle son intégrité.

-Sur le plan des finances communales la taxe professionnelle revient à la communauté de communes et non à la commune de Faucon depuis l ‘instauration de la Taxe Professionnelle Unique.

 

En conclusion, le projet de PLU de la commune de Faucon nous paraît devoir être totalement reconsidérée et l’Association de Protection de la Vallée de l ‘Ubaye donne un avis totalement défavorable.

 

Cet avis rejoint d’ailleurs en grande partie de ceux exprimés par la Direction Départementale de l’Agriculture de la Forêt (DDAF), de la Direction Départementale de l’Equipement (DDE), de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), de la préfecture…

 

Soulignons à ce titre dans le dossier d’enquête quelques extraits des opinions exprimées :

 

« Les objectifs affichés de limiter au maximum l’impact  de l’urbanisation  sur l’agriculture et de créer un véritable centre sont en contradiction avec les zonages proposés »(DDA )

 

« Comment des coupures d’urbanisation peuvent- elles renforcer la perception des espaces agricoles, comment la multiplication de maisons individuelles sur des parcelles de 1000 m² peut elle renforcer l’identité paysagère du site (la Grangeasse en particulier) »(DDA)

 

« Les besoins en matière de développement économiques ne sont pas abordés principalement la  justification de la zone d’activité » (DDA)

 

« En multipliant par 5 la surface constructible par rapport à celle déjà constatée, on ne peut pas dire que la  poche d’urbanisation du Chastellaret soit très limitée » (DDE)

 

« L’ouverture à l’urbanisation de cette zone 1 A 4 pour les parcelles 502 503 504 et 440 va à l’encontre du principe de conservation de grands paysages retenu en renforçant l’effet de barrage du couloir agricole que les 3 maisons déjà construites ont amorcé

L’étude de la restructuration du village conseille ainsi de ne pas chercher à raccorder les 3 maisons échappées du village au bord de la route » (DDE)

 

« Il faut comprendre que le présent projet de PLU est l’outil pour planifier son urbanisation dans le cadre d’une analyse globale. Il ne s’agit pas d’un outil dont le seul but est le découpage géométrique des parcelles à construire » ( DDE)

 

« L’emplacement réservé n°4 (chemin dans le pré du couvent) sera supprimé compte tenu de la possibilité d’accès au nord ou modifié  pour éviter trop de morcellements ou remblais »  (ABF)

« L’urbanisation de la Grangeasse et des graves situées dans la plaine agricole est en contradiction avec l’objectif du PLU de centrer le développement de l’urbanisation sur le bourg tout en préservant au maximum les espaces agricoles.

Les coupures de 120 et 110m ne donnent en effet aucune garantie d’être maintenues et ne sont d’ailleurs pas significatives » (Préfecture)

 

A propos du grand pré sous la mairie il faut «  préserver ce pré de toute urbanisation et ne pas chercher à raccorder les 3 maisons échappées du village au bord de la route dont il faut simplement améliorer l’intégration par du végétal et aménager des cheminements et le dessous de la mairie (salle communale terrasse) pour permettre de profiter du paysage magnifique de la vallée.

Le grand pré au sud du village constitue :

        Un socle présentoir du village depuis la route et la vallée.

       Un premier plan de grande qualité pour la découverte du grand paysage depuis le village.

Il est situé dans un environnement de grande qualité, paysages constitués de chemins et de vergers » (Les architectes urbanistes ayant élaboré le projet de restructuration de village)